L’Iran, bastion du chiisme en devenir

La manifestation de Machhad a été organisée au départ par les durs du régime, c’est-à-dire par les partisans de l’ayatollah Khamenei, contre le président Rouhani. Ils ont exploité le mécontentement réel et justifié de la population devant la montée des prix, notamment celui des œufs. Donald Trump et les Saoudo-Israéliens font le jeu des durs en voulant mettre fin à l’accord nucléaire et en voulant imposer de nouvelles sanctions qui ne peuvent qu’étrangler Rouhani. Les durs, porte-paroles des « déshérités » ont réussi à monter d’importantes contre-manisfestations afin de le mettre en difficulté. C’est pourquoi l’Europe et même le Royaume-Uni ont adressé des mises en garde à D. Trump, afin qu’il ne détruise pas ce fragile équilibre.

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L’Iran n’est plus ce qu’il était par rapport aux premières années de la révolution islamique et il existe un relâchement relatif. Des progrès gigantesques ont été accomplis dans le domaine de l’éducation, y compris celle des femmes, alors que l’Arabie saoudite est encore en plein Moyen Âge. L’Iran peut se glorifier d’avoir des élites scientifiques, ce qui n’est pas le cas de la péninsule arabique.

S’il est vrai que l’engagement iranien en dehors de ses frontières et notamment en Syrie est l’objet de certaines critiques, il ne faut pas oublier que l’Iran chiite, minoritaire dans le monde musulman par rapport aux sunnites, a toujours été et il est toujours sur la défensive. Ce sont les sunnites qui égorgent les fidèles des mosquées chiites et non l’inverse. Derrière cet islam chiite, qui fait sa singularité après le zoroastrisme, existe un très vif sentiment national et nationaliste et la conscience d’appartenir à une très ancienne et très grande civilisation […]

Jean Perrin, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°113 janvier 2018

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