Chine – Philippines – États-Unis : La phagocytose chinoise des Philippines

À la faveur du durcissement des relations américano-philippines, Pékin renforce l’emprise de son influence sur Manille.

FAITS

Le 17 décembre 2016, à l’occasion d’une conférence de presse donnée à Davao, le président philippin interrogé par la presse sur la question du renforcement des installations militaires chinoises dans les Spratleys, n’a rien ajouté à ce que son secrétaire d’État avait dit la veille (cf. dans ce même n° « Polémique sur la militarisation chinoise des Spratleys »). En revanche, il a poussé plus loin en exprimant son intention de mettre de côté (I will set aside) le verdict de la CPA pour privilégier la qualité de ses relations avec la Chine, saluée comme ayant « la meilleure âme de tous », et en vilipendant une fois de plus les États-Unis.

Le 19 décembre, le secrétaire d’État, Perfecto Yasay a cependant été contraint de moduler les propos de Rodrigo Duterte (Du30 ou Digong pour les Philippins) en déclarant qu’il n’était pas envisagé de mettre la décision arbitrale sous le boisseau. Il s’agit seulement pour l’heure de ne pas la mettre en avant, la priorité étant de restaurer les relations avec la Chine (cf. encadré). Même modulées, de telles paroles ne peuvent que réjouir les Chinois, ce que Hua Chunying华春莹, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, traduit le même jour en saluant la position raisonnable philippine.

En revanche, les relations s’enveniment davantage avec les États-Unis qui, le 15 décembre, par la voix de Laura Allen, mettent dans la balance le renouvellement du programme quinquennal d’aide à la réduction de la pauvreté, au budget de 434 millions de dollars, venu à échéance au mois de mai 2016. C’est, en quelque sorte, une forme de chantage en guise de réprobation des méthodes expéditives du président philippin pour tenter d’éradiquer les problèmes de drogue dans son pays. Cela a valu une fois de plus à Rodrigo Duterte d’agonir les États-Unis en termes insultants, en menaçant de mettre fin à leur présence dans l’archipel, en particulier en abrogeant l’accord sur les forces hôtes (Visiting forces agreement) (cf. Asie21 n°100, « Coup d’arrêt à la coopération militaire américano-philippine », encadré 3). Cependant, les États-Unis ont néanmoins accepté de fournir deux systèmes radars de toute dernière technologie aux Philippines pour leur permettre d’augmenter leurs capacités de surveillance en mer de Chine du Sud…

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°102 janvier 2017

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